Colloques

A VENIR 31 mars et 1er Avril 2017

JOUER à l’ADOLESCENCE : Du jeu au Je

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Programme :  colloque-arcad-jouer-plaquette

« Tout enfant qui joue se comporte en poète, en tant qu’il se crée un monde à lui ou plus exactement qu’il transpose les choses du monde où il vit, dans un ordre tout à sa convenance. » (Freud, « La Science des rêves », 1900, p 70). ARCAD vous invite cette année à vous prêter au jeu des questions sur un thème qu’il n’est pas habituel d’associer à l’adolescence, tant cette période de remaniements rime plutôt avec la fin des jeux de l’enfance et le temps venu « pour de vrai ».

Le jeu de l’enfant actualise, dans le faire-semblant, dans le « comme si », les scenarii psychosexuels infantiles. Si la légèreté supposée du jeu (Hamayon) évoque l’enfance, ce que confirme son étymologie (« jocus » : plaisanterie, badinage), jouer implique aussi des règles. Le jeu participe donc largement au développement intellectuel et affectif, ainsi qu’à l’inscription dans la Culture. Il est ainsi un marqueur de la souffrance psychique et de l’expression de la pathologie, ainsi que l’a montré Mélanie Klein, en faisant du jeu en séance un nouvel outil thérapeutique chez l’enfant. Or pour Freud (« La création littéraire et le rêve éveillé », 1908), comme pour Winnicott, l’opposé du jeu n’est pas le sérieux mais la réalité, celle-là même que l’adolescent doit investir originalement en son nom. En effet, on sait l’importance, dans l’économie psychique, de la possibilité d’un jeu, au sens d’un écart, par rapport à la réalité : c’est là précisément la fonction du fantasme. Ainsi, au-delà du paradoxe apparent, il s’agira, dans ce colloque de questionner la place du jeu dans la vie psychique et dans le processus de l’adolescence. A l’instar du playing de Winnicott, nous aborderons le jeu, le « jouer », dans sa dimension dynamique, économique et processuelle.

Les jeux de l’amour et du hasard sont au cœur de la dynamique adolescente. Poussé par sa sexualité génitale émergente, l’adolescent se met en scène, joue avec son corps propre ou avec celui de l’autre. Il découvre qu’on ne peut pas jouer et se jouer de tout, tout le temps. Le génital lui impose de travailler de nouveaux modèles d’imitation et d’identification, au service du projet de subjectalisation. Les pulsions meurtrières l’engagent à jouer avec le feu, et, tel Prométhée, à jouer (avec) sa vie. Il prend alors des risques, soumet à l’épreuve de réalité l’ancien enfant qui, lui, « jouait à faire le mort » (Puyuelo). Le jeu peut ainsi prendre une dimension pathologique- éventuellement perverse- quand il transgresse les règles et emporte l’adolescent au-delà des limites et sur le chemin de la destructivité. L’adolescent peut alors s’y perdre en se situant « hors-jeu », sa capacité de jouer en impasse, empêchée par un défaut de représentations ou par un échec du processus identificatoire.

Ainsi, la fonction du jeu à l’adolescence serait à entendre non comme la continuité des jeux de l’enfance, mais comme opérateur de transformation introduisant le sujet à une nouveauté radicale (Marty). La capacité de jouer de l’adolescent ne serait-elle pas un outil de la construction de soi, par l’appropriation du corps pubère et l’expérimentation d’affects, offrant un éventuel « retour à zéro » à chaque début de jeu ou début de partie, car celui-ci rend possible un nouveau processus, un nouvel essai à transformer ? Quand l’imitation constitue une des règles essentielles du jeu, « jouer à », c’est aussi « faire comme si » : l’adolescent imitant (une activité sportive ou culturelle, une orientation professionnelle, une habitude physique, alimentaire, une manière d’être, un mode vestimentaire, etc…), opère un travail de mise en représentations qui vient nourrir sa capacité d’accès à de nouvelles identifications. Jouer à être un autre afin de le devenir vraiment, tel semble l’enjeu de la capacité à jouer de l’adolescent. Le jeu, avec ses avatars allant du plaisir jusqu’à la destructivité, serait ainsi le vecteur majeur de la « création adolescente » (Gutton). Comment, enfin, le « jouer » à l’adolescence implique-t-il l’objet dans le cadre thérapeutique, notamment par le recours aux « medium malléables » (Roussillon) ? Comment le clinicien, le soignant, peuvent-ils créer un espace de jeu transitionnel avec l’adolescent et pour quelles modalités transférentielles ? Comment entendre le légendage (Dupeu), à savoir la narrativité du jeu et du joueur ?

Programme :

Vendredi 31 Mars :

16H45 : Accueil des participants.

17H30 Ouverture du colloque : Anne JOLY, psychiatre, membre d’ARCAD.

17h45 Philippe GUTTON, psychiatre, psychanalyste, Fondateur de la Revue Adolescence, Professeur émérite des Universités. Imiter, s’identifier.

18h30 Roberte HAMAYON, R.H., anthropologue, directeur d’études honoraire à l’Ecole pratique des Hautes Etudes, Sorbonne. Le jeu à travers le monde et l’histoire. Les grands jeux collectifs à travers l’histoire et le monde : la vie en « modèle réduit ».

Modérateur : Philippe-Pierre TEDO, Psychiatre, Psychanalyste, membre d’ARCAD.

Clôture : * Jeux surprises d’adolescents *

Samedi 1er Avril :

9 h Valérie ADRIAN, Psychiatre, Membre d’ARCAD, Jean Philippe MOUTTE, Psychologue, Membre d’ARCAD, Marion HAZA, Psychologue, Présidente d’ARCAD, Secrétaire du CILA, Maître de Conférences (CAPS, Poitiers).  Action ou vérité ? Du jouer-créer au refus de perdre.

10H30 Pause

11h Fanny DARGENT, Psychanalyste, Maître de conférences en psychopathologie clinique, Université Paris Diderot. Le corps : terrain de « je » à l’adolescence.

Discutants : Jean Louis QUEHEILLARD, Psychologue, psychanalyste, membre d’ARCAD et Geneviève HENRY, psychologue, membre d’ARCAD.             12H45 Pause déjeuner

14H15 Jouer en thérapie : les médiations thérapeutiques

JP LEYMARIE, Psychologue clinicien, psychanalyste. Agir et resymbolisation dans le jeu psychodramatique à l’adolescence.

Thierry TRUFFAUD, Responsable Service Animation Clinique Jean Sarrailh, Fondation Santé des Etudiants de France, Co-Fondateur du concept de Cirque Adapté. Les « Je » du CIRQUE à la Clinique Jean Sarrailh

Yann LEROUX, Docteur en psychologie, psychanalyste, geek. Miss Klein was a gamer. Que peut faire un psychanalyste avec les jeux vidéo.

Arnaud SYLLA, psychologue, Centre Oreste, Tours, Association Hébé. Jeu vidéo, « je » vidéo, je-vis-des-hauts.

Discutants : Marc DELORME, Psychiatre, Psychanalyste, Membre d’ARCAD et Florent FAUGERE, Psychologue, Membre d’ARCAD.

17H30 : Conclusion : Chantal LABADIE, Psychiatre, membre d’ARCAD.

 Archives :

  • Programme : colloque voyage ARCAD

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     « Les voyages forment-ils la jeunesse ? » Qu’il s’agisse d’un voyage proche et familier ou dans des contrées éloignées et inconnues, voyage préparé, ou coup de tête, seul ou en groupe, qu’il s’agisse d’un voyage intérieur, dans les méandres de l’introspection adolescente, ou qu’il s’agisse d’un voyage immobile dans les mondes hallucinatoires (le « trip » sous produits), imaginaires ou numériques (livres et Jeux Vidéo), la figure de l’adolescence, fantastique, toute-puissante, mégalomane, héroïque, immortelle et triomphante, ne peut se penser dans l’immobilité ! Les fondements des théories de l’adolescence ne sont pas très loin. Ce sont elles qui insistent toujours sur la dimension processuelle, dans des acceptations, évoluant entre pubertaire et adolescens, confrontation à la sexualité nouvelle sous le sceau de l’archaïque génital entre impasse et accès au projet de subjectalisation, contraignant l’adolescent à effectuer un travail de création, qui se conçoit comme un « voyage ». Les investissements tant narcissiques qu’objectaux, se construisent progressivement dans un parcours allant, de la scène familiale opposant l’adolescent aux figures parentales potentiellement toxiques, vers d’autres scènes « ailleurs », scènes sociétales, culturelles et « touristiques », comme autant de voyages initiatiques au plaisir de penser et à la rencontre de la complémentarité.

    Historiquement, les pèlerinages et Croisades ont fondé les sociétés. Ontologiquement, le voyage participe-t-il du processus adolescent ? Inscrit dans l’Histoire, la temporalité, dans l’espace ou dans la pensée, le voyage questionne le processus d’historicisation et de mise en récit du soi adolescent (par les mots : carnets de voyage, journaux intimes ; ou les images : graffitis sur les trajets quotidiens ou bien selfies aujourd’hui !) Le voyage se retrouve dans les mythes (Œdipe marche à l’encontre de son Père) ainsi que dans les productions culturelles actuelles autour de l’adolescence. Combien d’œuvres chères à la jeunesse mettent en scène le voyage dans le temps (de Retour vers le Futur à Project Almanach), dans l’espace (de 2001, l’Odyssée de l’espace à l’Odyssée… de Pi !), en 3D, etc ? Le voyage s’inscrit donc dans divers registres de la « migration adolescente » (F. Richard).

    Dans le registre psychopathologique, le voyage nous convoque, du côté de l’errance et de la fugue, mais aussi du côté des séjours thérapeutiques et du « dépaysement psychique » dont ils tracent la voie. Sans oublier les adolescents qui ne peuvent pas partir, se séparer, quitter le refuge infantile et symboliquement assouvir les pulsions meurtrières et sexuelles. L’adolescent en crise narcissique et identitaire, court le risque de ce voyage « immobile ». Il témoigne de son incapacité à voyager dans sa réalité psychique, mais aussi dans le transgénérationnel, dans le chaos de ses expériences traumatiques passées ou actuelles, en produisant des actes, en agissant des conduites dangereuses. L’adolescent en souffrance est phobique du voyage : replié sur son corps propre, ressenti comme douloureux, honteux, étranger, le voyage intérieur le pousse à se concentrer sur la nécessité funambulesque de le mettre à l’épreuve, de l’attaquer pour mieux le sentir, le contrôler. Seul, sans aide extérieure, l’adolescent est condamné à mort : fin du voyage !

    Enfin, comment ne pas interroger le voyage en psychothérapie, chez l’adolescent mais aussi chez le psychanalyste qui se met à rêver avec lui. Le processus thérapeutique lui-même n’est-il pas, pour Freud, conçu comme un voyage auquel invite la consigne de l’association libre : « Donc, dites tout ce qui vous passe par l’esprit. Comportez-vous à la manière d’un voyageur qui, assis près de la fenêtre de son compartiment, décrirait le paysage tel qu’il se déroule, à une personne placée derrière lui. » (1910) ?

    ARCAD invite, cette année, au « voyage adolescent »…

  • vendredi 26 (fin de journée) et  samedi 27 Juin 2015

    Trajectoire(s) de la haine à l’adolescence

    DCh

    « L’objet naît dans la haine » écrit Freud. Haïr, c’est, en effet, rejeter, expulser, mettre à distance, mais c’est aussi constituer l’objet en le différenciant du Moi. La haine serait ainsi aux fondements de la première distinction dedans-dehors, aux origines archaïques du sujet.

    Au-delà de ces temps primordiaux, quelles sont les trajectoires de la haine ? Quelle est la place de la haine dans l’économie psychique, en particulier à l’adolescence ? Quels croisements entre la haine, les pulsions et leurs destins ? Quelles relations entre haine, destructivité, violence, cruauté ? Quels liens entre la haine et l’amour ? Est-elle la négation ou le négatif de l’amour ?

    Quel est le destin, la dynamique de la haine et de son processus à l’adolescence ? Comment l’adolescent se saisit-il de la haine pour s’en dégager ? Comment arrive-t-il à passer de l’éprouvé nécessaire de haine vis-à-vis des imagos parentales incestueuses, de son corps infantile remanié par la puberté, pour advenir en tant que sujet adulte ? Par quels trajets la haine vient-elle se secondariser, pour engager le processus de subjectivation et imaginer un projet d’adulte ?

    Haine et culpabilité cheminent en écho dans la pensée adolescente, au gré du pulsionnel. Parfois, l’agir adolescent cherche à mettre en scène la haine envahissante : haine du corps sur un mode mélancolique d’identification narcissique, haine de la psyché,  haine de soi par retournement de la haine initialement dirigée vers l’objet, haine de l’autre, haine des liens, haine de la famille, haine de la société… Par  l’élaboration psychique, certains adolescents se dégagent de cet affect / processus, alors que d’autres s’y perdent, dans la destructivité sans fin de l’économie du négatif et de l’autosabotage. Dans les cas les plus pathologiques, les adolescents installent des conduites à risque qui les enferment dans des univers de destructivité comme si la haine prenait toute la place et devenait une source d’identification centrale pour organiser leur  pulsionnalité. D’autres déplacent la haine dans un processus de création, dans une tentative de sublimation, en lui trouvant un objet plus ou moins adéquat. Enfin la haine peut se condenser comme vecteur d’identification collective à des causes extrêmes, bien repérées dans l’histoire comme dans l’actualité, où la destruction aveugle de soi et de l’autre, peut apparaître comme exutoire tragique au sentiment douloureux de non existence et de nullité.

    Adultes, cliniciens, soignants, nous sommes donc sans cesse convoqués / provoqués par les adolescents sur le territoire du conflit et de la haine, territoire que nous devons toutefois borner et traverser pour soutenir l’adolescent dans un processus transférentiel souvent agité.

    programme détaillé : colloque ARCAD

  • Rencontre avec l’Adolescent. 17 18 Novembre 2014. La Rochelle. 
  • Programme actualisé final : prog final LR2
  • affiche web
  • Matinée scientifique : Balthus et les jeunes filles ou le dévoilement du féminin : conférence de Philippe Gutton, le samedi 11 Octobre à 9h30.

argument : flyer Balthus – Gutton MS 2014

–  4ème colloque d’ARCAD. 5 et 6 Avril 2014. On n’est pas sérieux quand on a 17 ans. Petite clinique littéraire de la psychopathologie adolescente.

    • affiche image 2

    Programme ici  : programme

     

  • Matinée scientifique  « L’homme selon le DSM. » Maurice Corcos. Bordeaux 7 Décembre 2013. Amphi Durkheim, Bordeaux . Programme ICI